le libre accès...en économie
L'idée du libre accès est née en réaction à la main-mise des éditeurs sur la publication scientifique et grâce au développement de l'informatique et d'Internet. Le mouvement de l'Open Access est une prise de position de la communauté scientifique internationale qui demande une mise à disposition, un accès libre et gratuit aux résultats de la recherche scientifique. Deux voies sont préconisées pour y parvenir, l'auto-archivage et les publications en accès libre.
les archives ouvertes
Pour avoir un accès gratuit et immédiat à leurs publications, des communautés de scientifiques ont créé dès 1991 des serveurs pour stocker leurs préprints, puis leurs postprints. Ces serveurs institutionnels ou thématiques, sont interopérables et permettent ainsi d'optimiser la visibilité, l'accessibilité, la rapidité de diffusion et l'impact des productions déposées.
Les archives ouvertes, viviers potentiels de la production scientifique mondiale, deviennent un outil de communication directe entre chercheurs. Défendu au départ par des chercheurs, l'auto-archivage est aujourd'hui soutenu par de plus en plus d'universités, d'institutions et de gouvernements.
Premières archives ouvertes
- 1991, arXiv.org est lancé par Paul Ginsparg et par la communauté mondiale de physique nucléaire
- 1993, Working papers in Economics, première archive ouverte en sciences économiques. [RePEc aujourd'hui - en savoir plus]
- Medline devient gratuit et s'intègre dans PubMed (1996), puis dans PubMed Central (2000)
- Le projet HAL a démarré en 2001 au CNRS, au sein du CCSD, Centre pour la Communication Scientifique Directe. [en savoir plus]
Archives ouvertes...en économie
Les chercheurs en économie sont les premiers, avec les physiciens à avoir développé des archives ouvertes. Les délais de parution dans les revues étant très long, les économistes ont pris l'habitude de diffuser rapidement et librement leurs documents de travail. Ces séries ou collections de Working papers d'un laboratoire ou d'une institution ont très vite été rassemblées sur des serveurs d'archives ouvertes, dans des portails en libre accès afin d'améliorer leur diffusion et d'obtenir une visibilité accrue.
Ces archives ouvertes en économie sont des sources fondamentales pour les chercheurs...
les revues en accès libre
Face aux monopoles des éditeurs et à la cherté des abonnements, la communauté scientifique est à l'origine d'un second mouvement : les journaux Open Access, dont l'accès est gratuit.
On recense aujourd'hui plus de 4500 revues publiées par ce nouveau mode de diffusion. Alternatives au modèle classique, ces revues concurrencent les titres existants par un moindre coût et font supporter les frais de publication aux auteurs ou aux institutions. Les premières études montrent que ces titres ont un excellent facteur d'impact.
Les éditeurs, après avoir fortement remis en cause ce modèle, semblent vouloir jouer le jeu et même s'impliquer dans certains projets Open Access.
Premières revues et première maison d'édition
- Psycoloquy éditée par S. Harnad en 1990 et Surfaces, J.C. Guédon en 1991
- BioMed Central (2000), éditeur de plus 120 revues en libre accès en biologie et médecine
Les revues en accès libre...en économie
Le Directory of Open Access Journals recense 208 journaux en libre accès dans la thématique économie et business.
Les outils du libre accès
En octobre 1999, la Convention de Santa Fé, lance un standard qui deviendra international et qui permettra le développement des archives ouvertes? c?est le véritable acte de Naissance de l'Open Archives initiative (OAI)
Ce protocole OAI, The Open Archives Initiative Protocol for Metadata Harvesting (OAI-PMH) définit les normes nécessaires pour que les archives deviennent interopérables, c'est-à-dire interrogeables simultanément, quelle que soit leur localisation dans le monde, en une seule requête.
Eprints, logiciel open source, lancé par l'université de Southampton en 2000, permet l'auto-archivage des publications des chercheurs sur un serveur et l'interopérabilité avec toutes les archives ouvertes appliquant le protocole OAI.
La mise en place du droit
- Les Creative Commons sont initiés en 2001, inspirés par l'"open source", ce sont des contrats alternatifs pour un partage de la création numérique afin de faciliter la diffusion et l'utilisation des oeuvres. L'auteur n'abandonne pas ses droits mais indique aux utilisateurs ce qu'ils ont ou pas le droit de faire.
- Les sites E-Prints RoMeo et RoMeo Sherpa répertorient la politique d'auto-archivage de chaque éditeur. Romeo Sherpa a passé le seuil des 700 éditeurs répertoriés dont plus de 60% autorisent une forme d'auto-archivage par l'auteur.
les grandes déclarations du mouvement du libre accès
Le premier manifeste
- En 2001, la Lettre ouverte de Public Library of Science (PLoS), demande "la création d'une bibliothèque publique en ligne qui fournirait le contenu intégral des résultats publiés de la recherche et des textes scientifiques dans le domaine de la médecine et des sciences du vivant sous une forme en libre accès". En un an, 34 000 chercheurs signent ce manifeste.
Les déclarations
les outils pour rechercher du contenu en libre accès
Répertoires d'archives ouvertes
- ROAR, Registry of Open Access Repositories, répertoire d'archives ovuertes avec des renseignements sur la croissance des dépots
- Open DOAR, Directory of Open Access Repositories, annuaire de plus de 1500 archives ouvertes avec localisation, type de documents, thématiques scientifiques (Universités de Nottingham et de Lund)
- Driver, infrastructure pan-européenne de réservoirs d'archives ouvertes visant à recenser et unifier les différents dépôts nationaux
Répertoires de revues en accès libre
- DOAJ, Directory of Open Access Journals (Lund University Libraries), répertoire de plus de 1200 titres de périodique en accès ouvert et avec comité de lecture
- Electronic Journal Library, plus de 47000 titres dont plus de 23800 en libre accès et 6200 uniquement électroniques, consultation par sujet ou par titre
- Open J_Gate, un portail avec plus de 3700 revues en libre accès
Moteurs de recherche
- OAIster, lancé en 2002, donne accès à plus de 23 millions de notices provenant de plus de 1 100 organisations dans le monde. Depuis janvier 2009, l'OCLC a intégré OAIster dans WorldCat
- BASE est un moteur de recherche multidisciplinaires développé par the Bielefeld University Library
- Scientific Commons est un moteur consacré aux publications scientifiques qui paraissent en Open Access (Université de St Gallen et l'Institute for Media and Communications Management - Suisse)
Revues francophones en libre accès
- Revues.org, portail de revues scientifiques en ligne qui privilégie le libre accès à des articles en texte intégral de 200 revues en sciences humaines et sociales. Avec en économie : Economie publique, Economie rurale, Formation et emploi, Regards sur l'économie allemande, Revue d'économie industrielle...
- Persée, numérise et met en ligne des collections rétrospectives d'un vaste corpus de revues francophones en sciences humaines et sociales. Et en économie : Economie et statistiques, Revue de l'OFCE, Revue française d'économie, Revue Tiers-Monde...
- Cairn.info, 242 revues scientifiques francophones en sciences humaines et sociales, 77 413 articles depuis 2001, les archives en accès gratuit. 38 revues en économie et gestion dont Recherches économiques de Louvain, Revue économique, Revue d'économie du développement, Revue d'économie politique...
- Érudit, consortium interuniversitaire Québécois qui donne accès à revues, livres, actes, thèses et autres documents et données en sciences humaines et sociales. Accès gratuit sauf pour les 2 dernières années de chaque revue
En cas de besoin contactez Odile Contat
en savoir plus
voir aussi